La bataille de Madrid contre la chaleur extrême – Comment Zurich renforce la résilience climatique de la ville
Customer-StoriesArticle21 juillet 2025
Le 29 mai 2025, l’Espagne a émis ses premières alertes canicule de l’année – bien avant le pic de l’été. À Séville, le mercure a grimpé jusqu’à 40,6 °C et, durant les deux jours suivants, plusieurs régions du pays ont enregistré des températures supérieures à 40 °C.
Ces chaleurs extrêmes peuvent être mortelles. À partir de 35 °C, le corps humain peut rencontrer de grandes difficultés à réguler sa température interne, entraînant crampes, épuisement, coups de chaleur et, dans les cas les plus graves, le décès. Selon la recherche scientifique, la chaleur extrême est responsable de près de 500 000 décès par an, soit davantage que les inondations, les séismes et les ouragans réunis.
Les personnes ne sont pas les seules concernées. De nombreux logements, écoles, hôpitaux et infrastructures essentielles – comme les centrales électriques – n’ont pas été conçus pour résister à des températures élevées prolongées.
Madrid accélère son adaptation climatique
Consciente de ces risques, la mairie de Madrid a fait de l’adaptation au changement climatique une priorité stratégique. À travers sa feuille de route « Madrid 360 », la ville mise sur des solutions fondées sur la nature pour lutter contre la chaleur extrême. Cela passe notamment par le remplacement des surfaces minérales par des espaces verts et des parcs, la plantation accrue d’arbres dans toute la ville, la création de dispositifs de rafraîchissement par l’eau, ainsi que le développement de trottoirs ombragés et l’usage de matériaux réfléchissants pour les bâtiments.
Cependant, face à l’augmentation attendue des températures dans les décennies à venir, Madrid devra continuer à faire évoluer sa stratégie d’adaptation climatique.
« L’analyse des risques climatiques menée par la mairie de Madrid a identifié plusieurs menaces majeures, allant de la pénurie d’eau à la perte de biodiversité. Mais nous avons constaté que la chaleur extrême est celle avec l’impact le plus important », explique Juan Azcárate Luxán, directeur général adjoint de l’Énergie et du Changement climatique à la mairie de Madrid. « Elle affecte directement la vie de nos habitants, en particulier les populations vulnérables comme les enfants, les personnes âgées et les travailleurs en extérieur. C’est pourquoi nous avons commencé à travailler avec Zurich Resilience Solutions, afin de bénéficier de nouveaux éclairages pour faire face à ce défi. »
Zurich Resilience Solutions, l’entité de conseil du groupe Zurich, s’appuie sur des méthodes fondées sur les données pour aider la mairie de Madrid à évaluer et mesurer son exposition à court et à long terme à la chaleur extrême.
Plus précisément, la mairie a demandé à Zurich Resilience Solutions d’analyser l’impact de la chaleur sur les élèves et d’identifier comment les établissements scolaires peuvent devenir plus résilients. Les fortes températures peuvent en effet nuire aux performances scolaires, accroître l’absentéisme et aggraver les problèmes de santé chez les enfants. En appliquant son approche systémique, Zurich Resilience Solutions a étudié non seulement les risques à l’intérieur des salles de classe, mais aussi les trajets domicile-école et les conditions de logement des élèves.
Comprendre l’effet d’îlot de chaleur urbain
L’une des raisons pour lesquelles Madrid est particulièrement vulnérable est l’effet d’îlot de chaleur urbain (ICU), un phénomène par lequel les villes affichent des températures plus élevées que les zones rurales environnantes, en raison de l’environnement bâti et de la chaleur générée par les véhicules et autres activités humaines. Dans le centre de Madrid, des températures allant jusqu’à 8,5 °C de plus que dans les zones rurales voisines ont été enregistrées.
« Le centre-ville de Madrid est très dense », explique Francisco Lisbona, responsable de Zurich Resilience Solutions en Espagne. « Il s’agit d’un environnement hautement urbanisé, dominé par le béton et l’asphalte. Ces matériaux absorbent la chaleur pendant la journée, puis la restituent lentement après le coucher du soleil. Résultat : la ville ne bénéficie d’aucun véritable répit face à la chaleur estivale intense. Mais avec les bonnes stratégies, nous pouvons aider la ville à s’adapter et à améliorer la qualité de vie de ses habitants. »
L’expérience de Madrid n’est pas un cas isolé. Plus de 350 villes dans le monde, abritant environ 200 millions de personnes, connaissent déjà des températures estivales supérieures à 35 °C. D’ici 2050, ces chiffres pourraient atteindre 970 villes et 1,6 milliard d’habitants, selon une étude du réseau C40.
Renforcer la résilience des villes
Quelle est la solution ? « L’adaptation », répond Amar Rahman, responsable mondial des Solutions Climat et Durabilité chez Zurich Resilience Solutions. « Les villes doivent anticiper les vagues de chaleur et sensibiliser les habitants aux comportements à adopter pour se protéger. Les entreprises doivent adapter les bâtiments et les horaires de travail aux températures plus élevées. Si la rénovation des bâtiments peut représenter un coût important, elle permet de réduire la pression sur les infrastructures et de mieux protéger les populations et les travailleurs. »
Amar Rahman souligne toutefois que rendre une ville résiliente face à la chaleur est un exercice complexe, car les températures extrêmes engendrent des risques interconnectés affectant des services essentiels tels que la santé, l’eau, l’énergie, les transports et les réseaux publics. « Les défis auxquels Madrid est confrontée concernent des centaines de villes à travers le monde, et ils deviennent de plus en plus complexes. Il est essentiel de réunir l’ensemble des parties prenantes de la ville – énergie, transports, éducation, santé, tourisme et autres services publics. Chacun doit comprendre les risques et assumer sa part de responsabilité dans la mise en œuvre des solutions. »
Juan Azcárate Luxán partage ce constat : « La méthodologie de Zurich Resilience Solutions a été particulièrement révélatrice. Leur capacité à analyser et à relier des données climatiques, spatiales et sociales nous a permis de mieux comprendre les risques en cascade que la chaleur extrême déclenche dans la ville. Nous sommes désormais en mesure de définir ces risques et leurs impacts avec davantage de clarté, et de concevoir des solutions plus efficaces. La collaboration entre les services municipaux est devenue indispensable – non seulement pour déployer des mesures de résilience, mais aussi pour examiner les défis sous tous les angles. Notre stratégie d’adaptation climatique s’est considérablement enrichie grâce aux enseignements de Zurich Resilience Solutions. »
Alors que les risques climatiques s’intensifient, l’approche proactive de Madrid et la solidité de ses partenariats constituent un modèle pour les villes du monde entier. En travaillant collectivement, il est possible de créer des environnements urbains plus sûrs et plus résilients.